De la France à Auckland — pourquoi j'ai toujours su que je partirais
J'avais dix ans
J'avais dix ans la première fois que je me suis dit que je trouverais un métier qui me permettrait de vivre n'importe où.
Ce n'est pas réellement une idée qui m'est venu de nulle art. Mon père était légionnaire, avec ma maman (et plus tard mon petit frère), on le suivait partout. On faisait les cartons, on trouvait une nouvelle école, on débutait une nouvelle vie, puis on recommençait dans un autre pays. J'ai traversé la moitié du globe comme ça, dans les valises, à avoir une nouvelle chambre tous les ans, rencontrer de nouveaux visages, découvrir un nouveau pays et culture.
Ce que j'avais compris à dix ans, c'est que je pouvais subir le fait d'être balader à droite à gauche, ou décider un jour de le choisir. Et j'ai choisi la deuxième option ! Je me suis dit : je ferai quelque chose avec mes mains, quelque chose qui voyage avec moi, quelque chose que personne ne peut me retirer en changeant d'affectation.
Le dessin faisait déjà parti de ma vie à ce moment là, c'était l'élément stable dans ma valise.

La Calédonie — l'endroit où je respire
Parmi tous les endroits que j'ai traversés, la Nouvelle-Calédonie est celui où je suis restée le plus longtemps après la France. Mon frère y est même né. C'est le pays de mon enfance au sens le plus réel du terme: pas juste une escale.
Il y a quelque chose en la Calédonie que je ne trouve nulle part ailleurs. Une lumière, un rythme, une façon d'être au monde qui me ressemble. Je m'y sens heureuse, j'aurais tellement pu y rester.
Mais à vingt ans passés, avec un freelance à construire et une envie de stabilité économique à long terme, les enjeux ne sont pas les mêmes. Les options étaient claires : ou je restais dans quelque chose de confortable et de petit (la Calédonie, même après les évènements), ou je choisissais un pays qui me donnait plus de marge.
Pourquoi pas le Canada — et pourquoi la NZ
Le Canada est revenu énormément dans les idées d'expatriations de mes parents quand j'étais plus jeune. Quand j'avais 14 ans, ma mère a failli être affectée là-bas, elle a refusé le poste: elle ne voulait pas nous imposer un énième déménagement. On n'y est donc pas allés. Parfois je le regrette un peu, c'était bien la première fois qu'ils nous en parlaient à l'avance sans pour autant que nous ayons notre mot à dire.
J'y ai souvent pensé depuis. C'est un pays qui m'attire, et ça reste une option quelque part dans ma tête pour plus tard.
Mais à ce moment-là, ce qui comptait, c'était de me rapprocher de la Calédonie. Auckland est trois heures d'avion depuis Nouméa. C'est dans la même région du monde, ça me permet de garder ce lien-là vivant. Et économiquement, la Nouvelle-Zélande offrait ce que je cherchais : un marché anglophone, une structure pour travailler en indépendante, une stabilité que je ne trouvais pas ailleurs à ce stade.
Je ne vais pas romancer ce choix. C'était un choix pragmatique, fait avec les yeux ouverts. Mais aussi avec le coeur, car je devais y faire un PVT avec une personne chère à mon coeur. Et les deux peuvent coexister.

Le départ — ce qui a libéré le frein
Vous l'aurez compris, il y avait depuis longtemps dans ma tête ce projet de partir : en NZ ou au Canada, selon les opportunités. Ce PVT envisagé, énormément de recherches faites pour y partir, avec Rouky, seule ou non, des grosses conversations pour peser les pour et les contres. Et puis des raisons de repousser. Toujours une bonne raison d'attendre encore un peu.
Puis quelque chose s'est terminé dans ma vie, une relation. Et avec elle, la dernière raison de ne pas partir.
Après 2 mois à préparer un voyage pour retourner en Calédonie pour m'aider à guérir, il ne m'aura fallu que huit jours entre la décision et le vol à la suite d'un message. Pas parce que j'étais impulsive, mais parce que tout était déjà prêt dans ma tête depuis des années. Il manquait juste le déclic.
Ce que ça a changé
Je ne vais pas te vendre l'expatriation/immigration comme une aventure idyllique, surtout avec un chien. Les premiers mois à Auckland sont solitaires. Tu reconstruis tout de zéro : les repères, les rituels, le réseau professionnel. Tu travailles en décalé avec tes clients européens. Tu regardes une ville étrangère depuis ta fenêtre et tu apprends à en faire ton chez-toi, lentement. Tu prépares l'arrivée de l'être le plus cher à ton coeur : Rouky.
Ce que j'ai gagné, en revanche : la confirmation que ce que j'avais décidé à dix ans était possible. Que le dessin voyage. Que la stabilité n'est pas un endroit : c'est quelque chose qu'on construit, dans ses routines, dans son travail, dans la façon dont on pose ses affaires même dans un espace provisoire.
Mon Ipad et Anju sont ma stabilité. Elle était en France. Elle est à Auckland. Elle sera ailleurs, peut-être, un jour.
Mais elle est à moi.

Si tu veux suivre la suite (les projets en cours, la vie à Auckland, le rebranding d'Anju) tu sais où me trouver. N'hésites pas à me dire si tu voudrais en savoir plus sur mon expatriation !


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